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La cour abolitionniste au Château de Lunéville (Meurthe-et-Moselle) :

"Vous saurez qu'il n'est pas permis aux Africains de vous vendre des prisonniers de guerre ; vous saurez que les Seigneurs des grands fiefs de Guinée ne peuvent vous vendre leurs vassaux, vous saurez que votre argent ne peut vous donner le droit de tenir un seul homme dans l'esclavage“.

Jean-François, chevalier et marquis de Saint-Lambert.

Le château de Lunéville.

 

 

Surnommé le Versailles Lorrain, le château de Lunéville, va devenir au siècle des Lumières un important foyer d’animation intellectuelle recevant Voltaire, Montesquieu, Helvétius.

De cette cour de Lunéville seront issus le Chevalier de Boufflers, Saint-Lambert ou Beauvau-Craon qui , à la veille de la Révolution Française , rallieront le mouvement abolitionniste de la Société des Amis des Noirs.

Duché indépendant dès le Moyen-Age situé entre le Royaume de France et l’Empire Germanique, la Lorraine va très vite s’affirmer par des choix humains plus que sur des critères géographiques ou culturels.

Le château de Lunéville en 1750 – Collection Musée du ChâteauAu cœur de l’Europe, ouverte sur l’Italie, l’Europe Centrale et la France, la Lorraine rayonnera très vite au-delà de ses limites sous l’impulsion du Duc Léopold qui reconstruit le Château de Lunéville, symbole de la restauration ducale du duché et de l’indépendance retrouvée de la Lorraine, après une longue période de guerre et d’occupation.

Prince « éclairé », saisissant la nature de ce « siècle des Lumières », le Prince Léopold encourage le développement des sciences et des arts, action qui sera poursuivie par son successeur Stanislas Leszczynski, roi détrôné de Pologne et beau-père de Louis XV.

Durant son règne, le Château de Lunéville deviendra un épicentre de la diffusion des idées nouvelles : Voltaire, Montesquieu, Helvétius y séjourneront. Les liens tissés à Lunéville se maintiendront à Paris . Les acteurs de la Cour de Stanislas allaient désormais participer au bouillonnement des idées et agir dans les choix politiques qui contre la critique fondamentale de l’ordre social hérité d’une vision religieuse du monde prônent une conception matérialiste et naturaliste athée.

Le premier, Jean-François de Saint Lambert tient salon à Paris avec Condorcet, l’Abbé Raynal, La Condamine, Buffon .Il se lie d’amitié avec Diderot et d’Alembert, ce qui l’amènera à participer à l’Encyclopédie puis à écrire une série d’ouvrages anti-esclavagistes parmi lesquels en 1787 « réflexions sur les moyens de rendre meilleurs l’état des nègres ou des affranchis dans les colonies ».

Le Chevalier Stanislas-Jean de Boufflers

Il sera rejoint à l’Académie Française par le Prince Charles-Juste de Beauvau-Craon en 1771. Leur cadet, le Chevalier Stanislas-Jean de Boufflers les rejoindra en 1788 après avoir été les trois années précédentes Gouverneur adjoint de la colonie du Sénégal et de l’Ile de Gorée, l'un des centres de regroupement des esclaves, où de conviction anti-esclavagiste, il utilisera son autorité pour tenter de mettre des restrictions à la traite et entraver l’activité des négriers avec lesquels il entrera en conflit avant de rentrer en France à la veille de la Révolution.

En février 1788, Saint Lambert, Beauvau-Craon et de Boufflers sont co-fondateurs avec Brissot, Condorcet et Mirabeau de la première société abolitionniste française : « la Société des Amis des Noirs ».

A partir de là, ils s’investiront dans le combat anti-esclavagiste, rejoints par leur collègue lorrain et député aux Etats Généraux de 1789, le curé d’Emberménil, l‘Abbé Grégoire . Il prolongera le combat de Boufflers parti en exil en 1792, de Beauvau-Craon mort en 1793 et de Saint-Lambert qui verra avec l’abolition du 4 février 1794 l’aboutissement de son combat.

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